La triste histoire du carré bleu (repost mis à jour à la demande générale)

Publié le par xylpho

Note pour le lecteur : Cet article a été publié pour la première fois en 2005 je crois. A l'époque j'étais un gentil webdesigner au service d'une multinationale. Je reposte cet article uniquement pour me rappeler que l'incompétence est une chose plus commune que la réflexion.
J'ai décidé de le remettre en forme pour que cet article soit au goût du jour, avec des ajouts quatre ans après sa première publication. Bone lecture ;)

Tout d’abord lecteur sache que cette histoire est vraie, ce n’est pas de la science-fiction ça s'est passé dans la vraie vie et si mes souvenirs sont bons tout cela se passait durant l’année 2000. A l'époque nous étions beaux, forts et pleins d'illusions, nos ordinateurs étaient des P3 700 et notre consommation d'alcool frisait déjà des niveaux répréhensibles.

Je ne citerai aucun nom, ça n'a plus aucun intérêt. Avec le recul j'ai appris qu'un certain niveau d'incompétence n'empêche pas de réussir dans le business. Malheureusement…

C’est donc l’histoire d’une petite boite devenue grande, et qui au moment où elle changea de nom il y a quelque chose comme plus de sept ans voulu se payer le logo qui va avec. Depuis cette époque elle a encore changé de nom, et c'est pas mieux (je parle du logo).

Imagine la scène.

Celui qui à l'époque était dans cette société “Directeur du Contenu” et même “Grand Nettoyeur par le Bas des Conneries Commises en Haut” (ça pète hein?) entre dans le bureau.
Lui: “bon les gars, la boite change de nom, elle va s’appeler [biiiip]. Alors il nous faut un logo.”

Déjà à ce stade quand on a entendu le nouveau nom on s’est regardé et l’hilarité générale l’a emporté, mais discrètement hein, ça faisait même pas trois mois qu’on était là alors bon.

Nous: “bon ben ok alors. Pisqu’y faut faire vite, on peut faire ça pour dans trois semaines. Pasqu’y faut penser au web, au print, à l’image, toussa quoi…”
Lui: “Gni? Ouais c’est ça, me le faut demain alors fissa.” Nous: “…”

Oui bon, à ce stade qu’est ce que tu veux dire à un gars qui semble savoir de quoi il parle mais dont tout un tas d’indices te portent déjà à croire qu’à part des idées jetées en l’air, la mise en pratique fait pour lui partie du domaine “Je m’en tape”. Comment tu veux discuter avec un gars qui quand tu lui dis que ce qu’il demande est impossible te répond que t’es qu’un branleur ou un incompétent? Ben rien, tu dis rien, tu exécutes la mort dans l'âme.

Non tu lui dis rien à ce gars, il est actionnaire, copain avec Dieu le PDG, porté aux nues pour avoir eu deux ou trois idées géniales (mais surtout ne parlons pas des idées désastreuses, hein, surtout pas), donc tu noies le poisson et tu te réunis à cinq dans le bureau et l’alcool du repas de midi aidant tu plantes cinq ou six grosses merdes sur Illustrator histoire de voir viteuf où les grands pontes veulent aller côté “image”. On sera toujours à temps de corriger le tir plus tard tu te dis.

Note: A ce stade, il me faut te préciser que pendant longtemps, nous avons eu une grosse tendance à arroser copieusement nos repas, dépités qu’on était —déjà !— du peu de confiance que ces gens nous faisaient. A croire que dans leur esprit avant de toquer à leur porte on avait jamais tenu un stylo ou vu un clavier. Le recul aidant, et l’expérience, je peux dire aujourd’hui que ces gens-là ne comprennent encore pas grand-chose au web. Leur seule logique est celle du chiffre d’affaire, toute autre considération étant nulle et non avenue. Tu me diras ils ont raison, puisqu’ils s’en mettent plein les fouilles. Mais bon.

Et c’est là que le Warp interdimensionnel intervient. On envoit nos chefs-d’œuvre à la direction en croisant les doigts et on apprend le lendemain que le truc bleu en bas de la planche Illustrator c’est ça qu’ils veulent. C’est même tellement cool comme concept que même la femme de ménage a aimé (véridique, sisi, ce putain de logo a été validé en partie parce qu’il a plu à un représentant du service de nettoyage). Imagine la tronche de mon pote, l’auteur de la chose.

D’abord hilare, puis super inquiet. Franchement inquiet.

Nous: “Bon ben ok, on le retravaille et c’est bon…”
Eux: “Non non, c’est très bien comme ça…”

Ha.

Z’ont validé un brouillon. Ces grandes courges ont validé un BROUILLON!!!! Les typos dans le truc bleu elles étaient faites à la main, la croix plus bas c’était pour déconner, faut pas oublier qu’on étaient bourrés ! On avait mis ça pasque le logotype était pas équilibré et que bon on manquait de temps, alors on avait mis une putain de croix en attendant. Et la typo à droite, c’est de l’Arial! Mais putain c’était aussi du placement! Z’ont validé un brouillon, je le crois toujours pas. Presque huit ans après, je le crois toujours pas.

Quelques années après j’ai reçu un mail avec en objet: “Nouveau logo”. Presque plein d’espoir j’ai ouvert la pièce jointe m’attendant à trouver ce dont le sujet parlait. Un nouveau logo. Un vrai quoi. Pas ce truc. Ben si, z’ont juste rajouté une phrase en bas en Arial pour indiquer notre appartenance à un groupe japonais.

Bien plus tard, deux ans avant mon départ, la boîte a encore changé de nom. Et on a eu un nouveau logo. Guère mieux. Son auteur devait picoler autant que nous à l'époque.

Et merde

Publié dans Blog

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C'kissa 14/11/2008 11:59

Bonjour

Moralité. L'alcool c'est bon pour les idées... sourire

C'kissa

boubou 13/11/2008 13:42

coucou en passant sur ton blog bonne journee boubou

xylpho 14/11/2008 11:17


merci boubou lol