Je suis fatigué… vraiment

Publié le par xylpho

Je n'ai pas l'habitude de parler réellement de moi, du moins pas sur mon blog. Pas sérieusement en tout cas, pas _personnellement_. J'ai des répugnances profondes à m'épancher sur mon sort, bon ou mauvais.

Je suis fatigué. Une fatigue profonde, terrible. On se lève le matin en ayant l'impression de ne pas avoir dormi, ou trop peu, ce qui est mon cas neuf jours sur dix. La tête qui tourne, vide, tellement épuisée que les réflexes anxieux appris depuis très longtemps n'arrivent même plus à se faire entendre. Voilà comment je me sens ce soir. Les yeux plissés par la fatigue, l'impression que mes doigts tapent seuls pour faire passer un message, peut-être un cri, une détresse momentanée mais terrible.

Au moment où je tape ces mots des petites voix dans ma tête me parlent, certaines sont apaisantes et me disent que je fais bien de lâcher cette bride de fer que je mets sur ma vie et qui me rend insensible en surface à beaucoup de situations, au grand désespoir parfois de mon entourage direct. D'autres pleurnichent à mon oreille et me supplient presque de tout lâcher, me demandent d'étaler complètement ma part d'ombre en pleine lumière. Les dernières me hurlent dessus, impérieuses, me demandant instamment de cesser cet acte d'auto-flagellation, de ne montrer aucun signe de faiblesse et de continuer à sourire.

Ce soir je ne peux pas.

Je suis comme tout le monde, j'ai peut-être même une situation enviable. Je fais le métier que j'ai toujours voulu faire, j'ai une petite famille que j'aime et des soucis domestiques comme tout le monde. J'ai certainement un défaut détestable, je ne suis pas équipé d'une soupape de sécurité. Je ne sais pas dire dès qu'il s'agit de moi, je ne sais pas exprimer ce que je ressens. Les mots restent noués dans la gorge, les gestes ressemblent à des hésitations et je reste fidèle à moi-même, dur, immobile et sans émotion aux yeux du spectateur. Mais les choses s'accumulent à l'arrière de la scène, les colères, les joies, les angoisses, les frustrations, sans aucune sortie possible pour ces sentiments. Je leur interdit, je leur ai toujours interdit. Dans mon monde se laisser aller à ce que je suis en train de faire est le signe de la pire des faiblesses, se laisser regarder "nu".

Mais j'ai la tête qui tourne ce soir, j'ai l'impression d'avoir bu. Tellement fatigué que ce que je suis en train d'écrire ne provoque même plus la moindre réaction chez mes petites voix. J'en suis le premier étonné, mais ça ressemble à la paix, alors je ne me plains pas. C'est reposant de ne rien éprouver, d'être juste fatigué. Si seulement je n'avais pas la nausée je me dirais presque que cette nuit je vais dormir plus de quatre ou cinq heures.

Voilà, un soir quelqu'un m'a dit qu'il était peut-être nécessaire d'écrire ce genre de choses, cette personne avait raison je crois.

Mon dieu que je suis fatigué…

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Mina 07/11/2008 22:42

ça ne m'est pas étranger tout ça,
encore que moi, j'ai fini par me servir de mon blog pour tout lacher.

Allez courage

bonne soirée

:0010:

Mina

Thomas Berthelon 06/11/2008 11:36

Ben alors, m'sieur Xyl' !!!
Une petite dépression ? C'est quand qu'on se boit une binouze pour penser à aut' chose ?